6 250 emplois aéronautiques perdus dans la région en 2020
À l'occasion de la présentation de sa nouvelle étude de conjoncture régionale, l'Insee Occitanie évoque le 9 avril la situation spécifique du secteur aéronautique et spatial, touché de plein fouet par la crise sanitaire et ses conséquences. « En 2020, dans le Sud-Ouest, qui englobe l'Occitanie et la Nouvelle-Aquitaine, la filière a perdu 8 800 emplois salariés – hors intérim -, soit 5,5 % de ses effectifs, explique Lionel Doisneau, chef de la division économie. La baisse a particulièrement impacté la chaîne d'approvisionnement et les PME. Ces suppressions d'emploi éliminent quasiment les créations des deux années précédentes. » Dans ce secteur, les activités les plus touchées sont la métallurgie et l'ingénierie. Désormais, l'aéronautique et le spatial comptent 155 600 emplois dans le Sud-Ouest. Sans surprise, c'est l'Occitanie qui paye le plus lourd tribut, avec 6 250 emplois perdus l'an dernier dans la filière. « À elle seule, la Haute-Garonne représente 4 900 emplois supprimés », constate Lionel Doisneau.
20 400 emplois supprimés en Occitanie
Cette situation sectorielle s'inscrit dans un contexte globalement critique pour le territoire. Au total, ce sont en effet 20 400 emplois qui ont été perdus en 2020 en Occitanie (dont la moitié en Haute-Garonne), ce qui représente 1 % de l'emploi régional. Une chute spectaculaire, alors qu'en 2019, plus de 34 000 emplois avaient été créés dans la région. Au-delà de l'aéronautique, c'est le secteur du tourisme – et en particulier de l'hôtellerie-restauration – qui souffre le plus, avec un niveau de chiffre d'affaires en baisse annuelle de plus de 60 % fin 2020 et un boom sans précédent de l'activité partielle. Résultat : les départements de la Haute-Garonne, du Lot et des Hautes-Pyrénées sont les premières victimes de la crise dans le territoire. De son côté, l'intérim (tous secteurs confondus) enregistre une baisse d'effectif de 10,4 %, contre seulement 5,3 % au niveau national. « En revanche, le secteur de la construction se porte mieux, avec 1 600 emplois créés en 2020, commente Lionel Doisneau. La tendance est également bonne dans la santé et l'action sociale, tandis que le commerce résiste plutôt bien. »
La crainte d'un impact sur l'emploi encore plus massif
Si le taux de chômage s'établissait fin 2020 à 9,3 % - contre 9,5 % l'année précédente -, il convient de prendre garde à l'effet trompe-l'oeil. « Les restrictions liées au contexte sanitaire, et notamment les confinements, n'ont pas permis à un certain nombre de personnes de mener des recherches actives d'emploi, explique Lionel Doisneau. Elles ne sont donc pas comptabilisées comme chômeurs. » En revanche, indicateur plus significatif, le nombre de demandeurs d'emploi a bondi de 4,6 % sur un an, avec un impact encore plus marqué en Haute-Garonne et chez les jeunes actifs. Autre chiffre à analyser avec recul : la hausse annuelle de 16 % des créations d'entreprises enregistrée fin 2020 en Occitanie. « Il s'agit surtout de micro-entreprises », prévient Lionel Doisneau. Par ailleurs, le niveau actuel de l'emploi ne reflète pas directement celui de l'activité des entreprises. « La baisse d'activité est bien plus élevée, en réalité, commente Caroline Jamet, directrice générale de l’Insee Occitanie. Nous voyons ici clairement les effets amortisseurs des mesure de soutien des pouvoirs publics. Aujourd'hui, nous sommes dans un entre-deux. À l'image du développement de la vaccination, qui fait face, en parallèle, au développement des variants, l'économie oscille entre résilience et fragilité. Car le jour où les mesures de soutien vont cesser, nous nous attendons à un impact très important sur l'emploi. »










