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Région Occitanie
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Agri - Agro / Viticulture
| 17/10/2019

40 M€ d'aides renvoyées à Bruxelles : l'exaspération des représentants viticoles

Ils refusent de siéger. Telle est la décision prise le 16 octobre par les 50 membres du Conseil spécialisé Vin de FranceAgriMer. Parmi ces membres : les Audois Miren de Lorgeril, présidente du Conseil interprofessionnel des vins du Languedoc et Jean-Marie Fabre, président de la fédération nationale des Vignerons indépendants ; les Héraultais Jacques Gravegeal, président d’InterOc ; Samuel Masse, des Jeunes Agriculteurs; Jérôme Despey, président de la Chambre d'agriculture de l'Hérault et Boris Calmette, président de Coop de France Occitanie. Objet de leur courroux : FranceAgriMer, en charge notamment de la gestion des aides européennes, va renvoyer vers Bruxelles 30 à 40 M€ d’entre elles, faute d'avoir été consommées dans les temps.

Bureaucratie française
La présidente du CIVL ne mâche pas ses mots dans un message posté sur LinkedIn : « Nous sommes tous unis pour exprimer le raz le bol du mépris, de l’incurie, de la concertation de façade ! », dénonçant une « bureaucratie française kafkaïenne ». L’enveloppe nationale était de 250 M€ pour soutenir la promotion des vins. « Les Italiens en reçoivent 500 M€ et ils dépensent tout ! », rapporte Miren de Lorgeril, à La Lettre M. L’administration française nous limite et rajoute en permanence des contraintes, ne permettant aucune souplesse, ni changement dans nos opérations de promotion. » Cela est d'autant plus pénalisant que l'annonce de la taxe à 25 % pour les vins français exportés vers les États-Unis - qui doit être opérationnelle le 18 octobre à 6h - va exiger de la part des producteurs « une offensive en termes de promotion et d'animation très importante pour compenser la hausse des prix des vins français », alerte Élodie Le Dréan, responsable de la filière Vin au sein de l'agence régionale de développement économique Ad'Occ.

Audit interne
L’Héraultais Jérôme Despey, président du Conseil spécialisé Vins de FranceAgriMer, également président de la commission viticole de la FNSEA, dénonçait lors du conférence de presse du 10 octobre un problème de gestion et un éventuel manque de moyens humains pour gérer les dossiers d’aides. Il demande d'ailleurs « une mission d’audit externe de la gestion des OCM vitivinicoles ». De leur côté, les Vignerons indépendants s’insurgent également : « 30 M€ d’aides européennes, cela représente 100 M€ d’investissement pour les entreprises dans leurs chais, et injectés directement vers les artisans locaux et fournisseurs de matériel, et 20 M€ de TVA ! Nous ne comprenons pas le calcul économique qui a été fait en ne se dotant pas des moyens nécessaires ! », écrivent-ils dans un communiqué.

Nelly Barbé / barbe@lalettrem.net
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