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Languedoc-Roussillon
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Aménagement - Urbanisme / Tourisme & Loisirs
| 10/03/2017

1 Md€ pour le littoral d'Occitanie

50 ans après la mission Racine qui a dessiné le profil touristique du littoral languedocien, l’État, la Région et la Caisse des dépôts signent le 10/3 à Montpellier l’accord cadre État-Région-Caisse des dépôts relatif au Plan Littoral 21. Sur la période 2017-2020, son coût total prévisionnel est estimé à près de 1 Md€ (200 M€ de l’État, 300 M€ de la Région et de l’Europe et 400 M€ du privé et des collectivités locales. La participation de la Caisse des dépôts reste à définir). Parmi les enjeux du plan d’action : tenir compte de l’érosion du trait de côte, lutter contre l’étalement urbain, moderniser les 20 stations balnéaires, valoriser l’habitat. « Le plan littoral 21 est un projet décisif de modernisation et de préservation du littoral, déclare le Premier ministre, Bernard Cazeneuve. La concertation de tous les acteurs, via un groupement, est indispensable. » Pour Carole Delga, présidente de Région, « il faut aller au-delà de la question de l’aménagement. Aujourd’hui, l’attractivité de notre littoral est menacée en raison du manque de cohésion entre littoral et arrière-pays et de l'inadaptation des structures ».

« Partir de l'existant »

À 20 jours de la remise de leur rapport, et après un mois et demi d’investigations et de voyages en terres languedociennes, les architectes Elisabeth et Christian de Portzamparc, ainsi que Laurence Tubiana, livrent leurs premières directions d’étude de ce que pourrait être le plan littoral 21 version 2017-2050. « Le principe de base doit être de partir du potentiel existant, insiste d’entrée Elisabeth de Portzamparc. Il ne faut pas de projets pharaoniques qui seraient projetés sur l’existant local. » Pour Christian de Portzamparc, « la mission Racine a eu le mérite de laisser des endroits préservés, ce qui n’est pas le cas de toutes les côtes. C’est une force extraordinaire. Nous avons un problème mondial qui est l’étalement urbain entraînant du gâchis agricole, de la destruction de la nature, des Zac monofonctionnelles à l’entrée des villes… Il faut désormais penser mixité. » À l’image de l’urbanisme nord-européen, l’architecte appelle à ce que «  l’activité ne soit pas séparée des lieux de résidence. Il faut travailler les liens entre côte et arrière-pays, tout le long de la côte… »
 

Mixité des espaces

Parmi les idées qui seront soumises dans le rapport final, celle de mutualiser le bénéfice de l’usage de la surface « comme cela se fait à New-York.  Afin que celui qui possède des terres agricoles profite aussi des bénéfices de celui qui a eu droit de construire à quelques mètres de lui » et ne soit pas ainsi tenté de récupérer sa part du gâteau en sacrifiant des terres. Autre idée, celle de constituer un parlement de l’urbanisme, à l’image du parlement de la mer, « avec par exemple 70 architectes-urbanistes » qui connaissent bien le territoire. « Il faut prendre également en compte l’importance de la résilience de l’architecture, poursuit Elisabeth de Portzamparc, avec des aménagements ponctuels qui seront proposés sur du long, court ou moyen terme. » Le patrimoine immatériel de la région doit être également mis en valeur, en passant par une demande de classification par l’Unesco.
 

Développement économique

Le plan littoral 21 ne se limite pas aux problématiques d’aménagement et intègre aussi les enjeux touristiques et économiques avec l’économie bleue et verte. « Derrière les projets d’éoliennes off-shore, il y a une industrie à construire, confirme le porte-parole de Laurence Tubiana. Mais il ne faut pas faire comme avec le solaire en laissant la Chine en récupérer les bénéfices ». L’économie des ports est également citée, tout comme l’économie verte, « en commençant par la conservation des terres agricoles. L’urbanisation est alarmante ». Pour Elisabeth de Portzamparc, la romanité doit être le fil rouge de la région et l’art doit s’installer dans tous les sites classés pour les désacraliser. « Un plan d'équipement régional nautique va être lancé », ajoute Carole Delga, ainsi que des appels à projets à destination des laboratoires de recherche et des entrerpises.

Nelly Barbé / barbe@lalettrem.net
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