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Midi-Pyrénées / Languedoc-Roussillon
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Politique
| 23/12/2015

« On n’a pas le droit de se fâcher avec la Région », lâche Philippe Saurel devant les promoteurs du Languedoc

Mardi soir au Château de Flaugergues à Montpellier. De gauche à droite : Christophe Pérez, DG de la Serm et de la Saam, Xavier Bringer, président de la FPI LR et Philippe Saurel.

Le contre-pied, marque de fabrique de Philippe Saurel, maire de Montpellier (DVG) et président de la Métropole de Montpellier. Après une campagne des régionales où on l’a vu courir aux quatre coins de la grande région pendant quatre mois, place à l’élu posé et reposé, hier soir lors des vœux des promoteurs immobiliers du LR. Et après avoir attaqué Carole Delga, parfois violemment, il tend la main à cette dernière. L’élu DVG a enfin commencé son discours, devant 150 promoteurs, dirigeants de bureaux d’études, architectes et patrons de PME du bâtiment ou de filiales de grands groupes, par une citation de… Mao Zedong, extraite du Petit Livre rouge : « Compter sur ses propres forces. »
« Si on n’a pas compris ça dans la réforme territoriale, c’est qu’on n’a pas vu venir les coups. Nous sommes aujourd’hui dans la métropole de la Méditerranée. Le gouvernement a choisi Toulouse capitale régionale. C’était un souhait qui, depuis longtemps, était dans toutes les têtes. Et c’est un peu normal : Toulouse est 4e ville de France, c’est la ville la plus importante, qui présente des industries, des atouts de solidité dans l’histoire incontestables, et qui est la plus cotée nationalement. Fallait il pour cela se rebeller ? Je ne crois pas. Montpellier est capable de vivre sa vie de façon libre et autonome. Elle est à 250 km de Toulouse, et c’est loin, sans hélicoptère !, ironise l’ex-candidat aux régionales, qui a obtenu 5 % des suffrages le 6 décembre. Et surtout, la personnalité de la ville lui permet d’avoir une dialogue avec son grand territoire, porteur d’avenir. Pour avoir arpenté les routes du secteur (pour la constitution du pôle métropolitain, NDLR) et de la grande région (pour la campagne des régionales, NDLR), j’ai constaté que l’image de Montpellier en MP est magnifique. J’ai entendu des choses sur Montpellier que je n’entends pas des Montpelliérains eux-mêmes : la mer, les études, l’architecture, le FISE (festival international des Sports extrêmes), la culture… Ces expériences m’ont permis d’avoir un regard autre sur Montpellier. Une ville dans un très grand territoire, fait de 13 départements et peuplé de 5,6 millions d’habitants. »

« Faire la guerre entre les deux métropoles serait une erreur historique »

« Nous avons sur ce territoire une responsabilité, qui est différente de celle de Toulouse et qui doit être complémentaire. L’intérêt de Toulouse et de Montpellier est de travailler ensemble, pas de se faire la guerre. Faire la guerre entre les deux métropoles serait une erreur historique. Ça ne veut pas dire qu’on est des dupes ou des enfants de Marie. Jean-Luc Moudenc défendra toujours Toulouse, et je le sais, et je défendrai toujours Montpellier, et il le sait. Mais notre pacte de non-agression doit être très positif. Dans l’aménagement du territoire de la grande Région, ça a une importance. »

Infrastructures : priorité au contournement routier ouest de Montpellier

« La Grande Région est une sorte de grande institution qui va redistribuer l’argent de l’Etat. Et avec laquelle nous n’avons pas le droit de nous fâcher. Idem pour le Département de l’Hérault. Je rencontrerai le président du conseil départemental, Kléber Mesquida. Si le Département ne dit pas ce qu’il veut garder ou céder comme compétences, à partir du 1er janvier 2017, toutes les compétences départementales qui sont sur le territoire de la métropole passent d’office à la métropole. Que ce soit les axes routiers, les collèges, l’action sociale, les équipements, la culture. Ça a une incidence très importante. Ce que nous avons priorisé, et même si ça a fait grincer des dents car c’est au détriment du projet de 5ème ligne de tramway, c’est le contournement routier ouest, qui est intégré dans le CPER. La Métropole contribuera à son financement, alors qu’elle n’y est pas obligée. Le COM est important en termes de flux, de débouché de l’autoroute A750, de desserte et d’aménagement de l’ouest Montpelliérain, et pour l’organisation de l’actuelle A9 qui deviendra un boulevard périphérique Sud », une fois que l’autoroute actuelle sera dédoublée, c’est-à-dire fin 2017.

Urbanisme : la métropole désormais « incontournable »

Philippe Saurel, dans ce discours prononcé sans notes, a insisté sur le rôle du renouvellement urbain, citant plusieurs exemples : « EAI, construction du conservatoire, finition du centre d’art contemporain. D’autres périmètres d’études vont bientôt être votés pour surseoir à statuer sur l’obtention des permis de construire et pouvoir refabriquer la ville sur la ville. » Plus globalement, « au niveau de la métropole, notre organisation à 31 communes est puissante, et assez incontournable économiquement, notamment pour ce qui est de la promotion et de l’acte de bâtir. »

Rebâtir une attractivité à l’international, après la perte du statut de capitale

« Il faut négocier, on n’a pas le choix. En choisissant Toulouse capitale régionale, le gouvernement a dépossédé Montpellier du titre. Et ce titre, c’est quelque part la visibilité à l’international de la ville. Il va falloir reconstruire cette visibilité, cette personnalité. C’est la raison pour laquelle je suis en train de positionner, sur le bassin méditerranéen, un certain nombre de jumelages très important, qu’on fait basculer dans le domaine éco et plus dans le domaine touristique. Les jumelages ne seront plus des villégiatures (sic) mais des actes économiques posés entre les villes, afin d’avoir un dialogue puissant sur la Méditerranée, qui est aussi notre spécificité vis-à-vis de Toulouse. »

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