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Hérault
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Tourisme - Loisirs
| 10/03/2014

Rugby : Altrad n’exclut pas de construire son propre stade pour s’affranchir des collectivités

Trouver une solution avec les collectivités, jeter l’éponge ou poursuivre seul ? C’est les trois solutions étudiées par Mohed Altrad, président du MHR et actionnaire majoritaire (autour de 80 %), en froid avec les collectivités (Agglo, Ville et conseil général) partenaires du club.
La tension est telle qu’Altrad envisage d’investir environ 70 M€ dans la construction de son propre stade de rugby dans la région de Montpellier, « comme Michelin l’a fait à Clermont-Ferrand, ou comme le Racing Metro est en train de le faire à Paris (livraison fin 2016, NDLR) ».
Cette option inédite, révélée à La Lettre M vendredi, fait suite à une série de tensions entre les collectivités et l’homme fort du rugby montpelliérain : ce dernier juge opaques les facturations faites (loyer annuel de l’ordre de 400 000 € versé à l’agglomération, propriétaire de l’enceinte Yves du Manoir, inaugurée en 2007) ; d’après lui, l’accès à certaines installations est bloqué, et le bilan comptable, dont il a hérité lors sa prise de participation au capital, en 2011, est « insincère ». Une lettre incendiaire, envoyée à Jean-Pierre Moure, président de Montpellier Agglomération, a fuité dans la presse le mois dernier.
Altrad juge « inappropriées les interventions de certaines collectivités dans la gestion des installations. Ces interventions sont incompatibles avec l’activité d’un club qui a un statut de société anonyme, ayant des actionnaires privés. »

Difficile terrain d’entente

Un nouveau stade, coup de bluff ou vrai projet ? Mohed Altrad dit espérer trouver un terrain d’entente avec les collectivités. C’est même la solution qui aurait encore sa préférence, « pour un projet global, qui colle à la cité. Mais cela suppose une clarté dans les relations et des interlocuteurs à la hauteur des enjeux. Quand je reçois une facture de l’ordre de 400 000 euros - 40 000 euros par match environ -, je veux comprendre ce que je paye. Ce n’est pas le cas aujourd’hui. Quand je demande un détail de la facture, je n’ai pas de réponse. C’est normal, il n’y a pas de comptabilité analytique à l’agglomération de Montpellier », ironise-t-il.
Depuis trois ans, Altrad dit faire l’expérience d’un grand écart entre, d’une part, « le monde de l’entreprise, et le MHR est une entreprise privée (société anonyme à objet sportif, NDLR), où la notion de sanction opère en cas de manquement », et d’autre part, « le monde des collectivités, où il n’y a ni sanction ni contrôle. Je n’ai pas de problème personnel avec Jean-Pierre Moure. Ce qui ne me convient pas, c’est ce système où il n’y a ni responsable identifié, ni clarté, ni retour à mes demandes. »

Quel avenir pour le MHR ?

Mohed Altrad, patron du groupe éponyme (bétonnière, échafaudages, brouettes, services de locations et d’installations, CA de 710 M€, 6 500 salariés) fait planer le doute sur l’avenir du MHR. Il réaffirme certes sa volonté d’excellence pour le MHR : « ma place, c’est en haut. Et être en haut, c’est au pire 4ème du Top 14, et si ce n’est pas cette saison, dès la saison prochaine ! »
Mais il n’exclut pas de sortir du capital, ce qui conduirait le club au dépôt de bilan. Auquel cas, « Moure, ou son successeur à l’agglo, gardera les clés d’un stade vide, et en supportera les coûts ».
Altrad conclut : « Je ne suis pas dans le chantage, mais j’ai une volonté d’y voir clair, après les municipales. Pour l’instant, j’ai conscience que le sujet ne compte pas pour eux (équipe de Moure, NDLR). Ils font du porte à porte et cherchent à raccoler des voix. » Un combat auquel n’est pas tout à fait insensible Mohed Altrad, puisque son nom figure toujours dans la liste de soutien au candidat PS aux municipales.

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