Haute-Garonne
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| 11/09/2026

Thomas Fantini (Medef 31) : « Nos entreprises sont totalement asphyxiées »

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Toutes les filières tirent la sonnette d'alarme

Alexandre Léoty

La sinistrose semble être généralisée, à quelques mois d’échéances électorales nationales que chacun scrute de près. « Les dirigeants sont usés, déplore Thomas Fantini, président du Medef 31. Ils sont à bout de souffle, avec parfois des idées noires. Nous ressentons une fatigue morale qui pourrait être dangereuse... »

Didier Katzenmayer, président de l’UIMM Occitanie : « L’industrie d’Occitanie résiste plutôt mieux que la moyenne nationale, en particulier grâce à l’aéronautique, au spatial et à la défense. Pour autant, elle reste fragile. Nous avons enregistré plus de 400 défaillances d’entreprises en un an. Par ailleurs, le recul de l’apprentissage et la hausse du chômage nous rappellent que rien n’est acquis. Nous demandons de la stabilité, de la simplicité, une énergie compétitive et un investissement durable dans les compétences. »

Mathieu Roudié, président de la Fédération du BTP de la Haute-Garonne (FBTP 31) : « J’ai parfois l’impression de vivre Un jour sans fin ou d’être l’un de ces acrobates chinois à qui on rajoute tout le temps des assiettes et qui doivent conserver leur équilibre… Dans le logement neuf, qui représente 30 % de notre activité, nous sommes sur un plancher bas depuis trois ans. Dans le neuf hors logement, qui pèse 14 % du total, la croissance est portée par l’industrie, mais nous n’avons pas de visibilité sur les investissements publics ; il y a des projections sans calendrier. Enfin, dans la rénovation (56 %), l’État nous a complètement laminés en plantant le marché de la rénovation énergétique. Pour le reste, la confiance n’est pas là. Il y a des conflits partout, l’IA va nous tuer… donc les gens épargnent ! Or, pour que l’activité reprenne, il faut que les gens consomment et que les entreprises investissent. Pour résumer, nous sommes en vol stationnaire, en altitude basse, et craignons le trou d’air. »

Stéphane Aubay, vice-président de la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI) Toulouse Occitanie en charge des relations avec le Medef 31 : « Les promoteurs ont le moral en berne. Le drame, c’est que si le marché repartait, nous manquerions d’offre… Je n’ai jamais vu les entrepreneurs dans cet état. Sur la partie logements, l’année 2027 va être une catastrophe. »

Magali Germond, déléguée régionale de Numeum (syndicat des acteurs du numérique) : « La croissance du numérique est très lente, contraignante et inégale. Les besoins sont bien là, mais il n’y a pas toujours la signature derrière. La rentrée est extrêmement fragile. La demande s’est transformée ; beaucoup de projets sont reportés ou redimensionnés. Or, les récentes cyberattaques nous montrent à quel point le numérique est important : s’il tombe, tout le monde tombe ! »

Delphine Balerdi, présidente de la Fédération de l’hospitalisation privée (FHP) Occitanie : « Il est urgent que les pouvoirs publics prennent conscience que l’investissement dans la formation ne doit pas être une variable d'ajustement budgétaire. Ce n’est pas l’IA qui va remplacer nos professionnels de santé ! Nous avons besoin de visibilité. Car si les établissements de santé privée tombent, tout le système de santé va être en danger. »

Guillaume Chavanat, administrateur du Groupement général des transporteurs publics (GTP) de la Haute-Garonne : « La question du carburant secoue beaucoup notre secteur. Sur un métier à faible marge comme le nôtre, l’impact est important. C’est un facteur de fragilisation énorme pour les entreprises. Nos niveaux d’investissement étant très forts, en particulier dans un contexte de transition énergétique, nous avons besoin de visibilité et de stabilité. »

Ivo Danaf, président de l’Union des métiers et des industries hôtelières (UMIH) de la Haute-Garonne : « L’augmentation du nombre de défaillances d’entreprises est très inquiétante. Nous subissons un effet de ciseau entre, d’un côté, des charges qui ont fortement augmenté, et de l’autre, des consommateurs qui font de plus en plus attention à leurs dépenses. Nous avons nous aussi besoin de visibilité afin de demeurer rentables et d’être en mesure d’investir et d’embaucher. »