Conjoncture : les motifs d'optimisme

En ouverture de cette matinée, Laurianne Py, économique à la Banque de France, et Frédéric Cabarrou, directeur départemental de l’institution bancaire dans l’Hérault, ont éclairé les participants à la Rentrée économique sur la conjoncture internationale, nationale et régionale. Premier constat, l’économie française a tenu le choc l’an dernier malgré les soubresauts planétaires. « Avec une croissance annuelle de 0,9 %, l’économie française n’est pas en récession, même si nous constatons un ralentissement de l’activité ces dernières années, note le directeur départemental de la Banque de France dans l’Hérault. De fait, notre croissance a été résiliente, même si elle est insuffisante. » À ses yeux, certains signaux peuvent laisser entrevoir des motifs d’optimiste pour 2026 : « Nous sommes revenus à un niveau d’inflation relativement bas, explique Frédéric Cabarrou, sans nier les inquiétudes des chefs d’entreprises. Il existe un réel décalage entre leur perception du contexte national et international. Leur moral est bas alors que l’économie tient le choc. La tête va moins bien que le corps. » Concernant l’économie mondiale, Laurianne Py évoque sa « bonne résistance » malgré les « chocs extrêmes » rencontrés ces dernières années, à l’image de la crise sanitaire, du conflit en Ukraine ou de la hausse des taux d’intérêts. « La croissance globale s’est élevée à 3,1 % l’an dernier, soit un niveau supérieur à celui qui était attendu, souligne-t-elle. Les effets de la politique économique de l’administration américaine ont également été moins forts qu’escomptés. » Au rang des incertitudes, elle évoque le risque que fait peser la concurrence chinoise sur l’économie mondiale et européenne et l’appréciation euro-dollar « pouvant fragiliser les exportations françaises ». Au niveau régional, Frédéric Cabarrou souligne la bonne tenue de l’industrie et des services marchands portée par la dynamique des secteurs de l’aéronautique et de l’édition de logiciels en Occitanie. À l’inverse, le bâtiment souffre, notamment au niveau de l’activité gros œuvre en raison de la baisse de la production de logements neufs. « Nous tablons malgré tout sur une croissance de 0,6 % de ce secteur en 2026 grâce à la hausse des carnets de commande et à la hausse du nombre de permis de construire. »