Julien Grobert (Toulouse School of Management) : « Nous souhaitons développer nos liens avec les entreprises »
Concurrence avec les business schools privées, liens avec les acteurs économiques locaux, stratégie internationale, reconduction attendue de l’accréditation Equis… : entretien exclusif avec Julien Grobert, directeur général de Toulouse School of Management (TSM), composante de l’Université Toulouse Capitole. Fondée en 1955, l’école de management, qui propose 17 Masters avec plus de 80 parcours différents, revendique 25 000 diplômés et près de 100 universités partenaires dans le monde.
Dans le champ de la formation au management, comment rivaliser avec les écoles privées lorsqu’on est un établissement public ?
Tout d’abord, nous constatons que le fait de proposer des diplômes d’État, reconnus, rassure de plus en plus les étudiants et leurs familles. Nous sommes une université publique : cela a un poids sur le marché de l’emploi. Par ailleurs, Toulouse School of Management abrite un excellent laboratoire de recherche (TSM-Research, unité mixte de recherche CNRS-UT Capitole accueillant 63 enseignants-chercheurs et 67 doctorants, NDLR), qui est l’un des trois seuls de France en sciences de gestion avec ceux de HEC Paris et de l’Université Paris Dauphine. Nos enseignants-chercheurs sont de très haut niveau : cela nous différencie et nous permet de rivaliser avec les meilleures business schools. Enfin, d’une certaine manière, notre taille nous protège ; nous sommes une petite institution, avec 3 150 étudiants dont quelque 900 alternants, et notre modèle n’est pas basé sur la croissance.
Vous avez enregistré une forte hausse du nombre de candidatures depuis deux ans. Comment expliquer ce phénomène ?
En effet, nous sommes passés de 20 690 candidats en 2024 à 26 972 cette année. Il est clair que notre accréditation Equis (dédiée aux écoles de commerce et de management, NDLR) nous fait rayonner, y compris à l’international. Par ailleurs, nous constatons que beaucoup de familles se posent aujourd'hui la question : « Pourquoi payer très cher dans certaines écoles privées pour un taux d’insertion similaire, voire inférieur, sur le marché du travail ? ».
Justement, où en est le renouvellement de votre accréditation Equis ?
Nous passons en commission de ré-accréditation fin septembre, avec une réponse attendue en fin d’année. C’est très important pour nous, car il s’agit d’une carte de visite qui nous permet de nous démarquer sur la carte mondiale des formations, mais aussi de nouer des liens étroits avec d’autres universités. Nous devons poursuivre nos efforts de communication auprès des étudiants et de leurs parents, alors que, nous le savons, certains grands groupes lient leur grille salariale à l’accréditation Equis des établissements dont sont diplômés leurs salariés…
Vous déployez une stratégie d’ouverture internationale…
Absolument ! Nous proposons des parcours internationaux de plus en plus nombreux. À titre d'exemple, nous allons ouvrir à la rentrée 2027 un nouveau Bachelor en global management en partenariat avec Venice Management School, en Italie, qui est également accréditée Equis. Au global, nous avons noué des liens avec près de 100 universités partenaires un peu partout sur la planète, à l’exception de l’Afrique. À court terme, notre stratégie consistera à nous focaliser plutôt sur l’Europe et l’Asie.
Vous souhaitez vous rapprocher davantage des entreprises, y compris régionales. Comment cela se concrétise-t-il ?
À mon sens, il n’y a pas, en France, assez de lien entre universités et entreprises. Chez TSM, nous souhaitons développer ce partenariat. Cela prend plusieurs formes. La première est l’alternance : contrairement à de nombreuses business schools, nous n’appliquons quasiment pas de reste à charge pour les entreprises, ce qui est très intéressant pour elles. Par ailleurs, nous souhaitons développer des chaires en partenariat avec des entreprises ou des groupements d’entreprises. Là encore, elles ont tout à y gagner : l’expertise de nos enseignants-chercheurs, le lien direct avec nos étudiants, mais aussi des crédits d’impôt. Nous pourrions par exemple nous positionner sur des sujets comme le management de la Gen Z, l’équité femmes-hommes ou l’IA appliquée au management. Le budget d’une chaire est compris entre 100 et 150 k€ par an et pour les acteurs économiques, les retombées sont très importantes.











