La Lettre M

Les courtiers en vin s'affirment

Les faits: 

Le syndicat des courtiers en vin installés sur le territoire de l’ex-Languedoc-Roussillon (26 adhérents) signait le 19 octobre à Narbonne une charte déontologique, en présence de Jérôme Prince, président du syndicat national. « Cet engagement de chacun renforce notre respect des textes des lois et celui des usages locaux. Tout cela va dans le sens d’un plus grand professionnalisme », déclare Louis Servat, président du syndicat des courtiers en vins et spiritueux en ex-LR.

L'analyse: 

Le rôle des courtiers en vins est de mettre en rapport les producteurs (cave particulière ou cave coopérative) avec les négociants pour signer des transactions sur du vin en vrac. En ex-Languedoc-Roussillon, un peu plus de 50 % des transactions de vin en vrac passent par l’intermédiaire d’un courtier. En signant cette charte déontologique, les courtiers en vin souhaitent notamment se distinguer d’autres intermédiaires commerciaux comme les agents qui, contrairement à eux, sont mandatés par leur client. « Nous souhaitons faire passer un message aux deux familles que sont la production et le négoce : nous sommes neutres », insiste Louis Servat. « Nous ne sommes pas sous la tutelle de celui qui nous achète le vin, confirme l’Audois Jean-Pierre Py, président du syndicat régional pendant 25 ans et - pendant quelques années - du syndicat national. Nous défendons aussi bien les intérêts de vendeur que de l’acheteur ».

Neutralité

Or cette neutralité est parfois remise en question, en particulier en ex-Languedoc-Roussillon. « Nous sommes parfois vus comme le bras armé du négoce, reconnaît Claude Pino, courtier dans les Pyrénées-Orientales. Cela s’explique par le fait qu’en ex-Languedoc-Roussillon, la commission des courtiers est généralement payée par les négociants. Nous sommes dans une région pauvre et, pendant longtemps, la production n’avait pas les moyens de payer les courtiers. Mais les choses changent et, petit à petit, le règlement de la commission est réparti à égalité entre l’acheteur et le vendeur. Nous voulons être ce troisième homme, neutre et respectable. » Dans d’autres régions viticoles comme Bordeaux, la Champagne ou la Bourgogne, la répartition du paiement de la commission entre vendeur et acheteur est l’usage. « Le pourcentage que nous touchons se calcule sur le volume de l’opération, ajoute Claude Pino. Notre intérêt est que le vin se vende au meilleur prix, ni plus, ni moins ».

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