La Lettre M

La filière plasturgie se questionne

Les faits: 

Alors que la Région Occitanie compte bannir le plastique des cantines de ses lycées cette année, la filière plasturgie tente de répondre aux critiques contre son matériau de prédilection et pâtit - comme toute l’industrie - de difficultés de recrutement.

L'analyse: 

En Occitanie, la plasturgie compte 91 entreprises et 4 379 emplois (chiffres 2017). Un poids bien éloigné de celui du berceau rhodanien de la filière, où l'on recense 778 entreprises et 24 451 emplois . « La plasturgie d’Occitanie répond aux divers besoins locaux et décroît tout doucement » observe Denis Eyraud, délégué régional Occitanie du syndicat professionnel de la filière plasturgie et composites Allize Plasturgie*. De fait, du fabriquant de bâche pour piscine CID Plastique (Valergues - 34), au rotomouleur G Plast’it (Roquemaure - 30), en passant par le producteur de plastique biodégradable Vegeplast (Bazet - 65), le secteur est hétérogène. « Sur le plan technologique, l’industrie nautique pourrait se rattacher à la plasturgie, mais elle ne se sent pas concernée », remarque également le délégué. Aussi différentes soient elles, ces entreprises font face aux même problématiques. « Le plastique est utilisé partout autour de nous, mais son dénigrement est généralisé. Il y a un amalgame entre les plastiques polluant les mers et ceux produits en France. Beaucoup d’erreurs circulent, mais notre discours est peu audible », se désole le représentant d'Allize Plasturgie. Et d'assurer : « Certaines sociétés produisant de la vaisselle en plastique se posent la question de continuer à produire en France. ». Les alternatives renouvelables n’étant pas « complètement prêtes » et encore trop chères pour séduire le marché, la profession cherche à répondre à ses opposants. « Lors de notre dernière journée Allize Day sur ce thème, un représentant de Coca-Cola nous a assurés qu’ils étaient prêts à remplacer leurs bouteilles en plastique par des bouteilles en verre, mais que cela quadruplerait leur bilan carbone, remarque Denis Eyraud. Nous allons agglomérer les données sur l’utilisation et la pollution liée au plastique et nous allons faire des efforts sur le recyclage qui est encore déficient. Il faut convaincre les entreprises de mettre en avant leurs matières plastiques recyclées. »
Autre souci du secteur, le recrutement d’opérateurs et de techniciens. « Personne ne veut faire les 3x8 dans une usine de plastique, soupire Denis Eyraud. Avec un BTS plasturgie, un technicien de 22 ans peut pourtant gagner 2 500 € brut par mois. »
*Allize Plasturgie organise une journée technique sur les composites le 31 janvier à Toulouse (hôtel Palladia), de 8h30 à 17h30.

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