Hebdo du mardi

En coulisse

Retrait d'Asics à Mauguio (34) : l'État jugé schizophrène par un observateur

Un proche du dossier Asics, qui travaille dessus « depuis six ans », confie à La Lettre M son exaspération après l'abandon, par l'équipementier sportif japonais, de son projet d'implantation à Mauguio (34), dans la zone de fret de l'aéroport Montpellier Méditerranée. « Sur le foncier de l’aéroport de Montpellier, nous sommes en amodiation, avec une autorisation temporaire d’occupation du domaine public. La nue propriété du terrain reste à l’État, via la DGAC (direction générale de l’aviation civile). Nexity a obtenu un permis d’aménager, puis un permis de construire, sur des fonciers obtenus par voie légitime de consultation, avec une destination unique : faire de la logistique. Les choses se sont gâtées à partir du moment où, en complément d’un document d’urbanisme qui permet de construire 60 000 m2de surface logistique, il a fallu obtenir une autorisation d’exploiter, via une procédure ICPE. Nous avions, d’un côté, la DGAC (l’État, donc), qui veut promouvoir un territoire qui l’appartient, et une prime d’aménagement du territoire accordée par ce même État, et, d’un autre côté, un règlement d’État qui nécessite d’obtenir une autorisation d’exploiter, avec, à la clé, un process environnemental fort. L’élément bloquant a été la nécessité, pour Nexity, d’identifier un terrain de compensation d’une capacité égale, à proximité, pour la préservation de l’outarde canepetière. Au total, près de deux ans auront été perdus sur ce dossier. Il faut dire que la France est le pays de commissions (sic). Lors de l’une d’elles, le 25 juillet, deux fonctionnaires descendus de Paris nous ont traités comme les pires pollueurs de la planète. Cela a pu surprendre les Japonais, même s’ils ne disent jamais ce qu’ils pensent. On ne pouvait pas imaginer une seconde, il y a un an, que cette réussite se perdrait dans les méandres des circuits administratifs. Nous avions 180 emplois, qui ne sont pas des Bac + 6 ou des start-uppers. Toutes les collectivités se sont mobilisées, ainsi que l’État à l’échelle locale, et on se fait étaler pour trois outardes (sic). Je n’ai rien contre les outardes, mais il ne fallait pas rendre ce foncier constructible, avec une telle destination. »

Main tendue

Après l'attribution d'un lot de 16 000 m2 de surface de plancher dans la Zac de la Cartoucherie (Toulouse) au tandem Helenis (Montpellier)-Essor Développement (Pau), un proche du dossier commente : « C'est le premier projet - et c'est un beau projet - de Helenis à Toulouse. En attribuant un lot aussi prestigieux, dans une de ses Zac, à un opérateur montpelliérain, la métropole de Toulouse fait un geste politique fort. C'est une façon de prôner un rapprochement entre les deux métropoles, et une fluidité entre les acteurs économiques. »

Région Occitanie
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Numérique

Clusters numériques

Les clusters numériques DigitalPlace (président : Daniel Benchimol) et FrenchSouth.digital (président : Pierre Denizet) ont choisi le nouveau nom issu de leur fusion. Cette identité sera présentée fin janvier. Les deux entités fusionneront concrètement au 1er janvier, avec un an de retard. « Le conseil d'administration et le comité exécutif ont eu lieu, ajoute Daniel Benchimol. Pierre Denizet et moi-même serons vice-présidents, jusqu'à la prochaine assemblée générale en juin. Un président sera alors élu. » DigitalPlace regroupe 200 entreprises, tout comme son homologue héraultais FrenchSouth.Digital.

Odysseum.

« Le lot 6 d’Odysseum est différé, pour préserver les équilibres commerciaux dans la métropole de Montpellier. Les offres reçues étaient très commerciales », glisse, le 6 décembre lors du Simi Paris, Christophe Pérez, directeur général de Serm/SA3M. 

Attractivité

« Quand les candidats ont su que le poste était à pourvoir à Béziers (34), la moitié n’est pas venue passer l’entretien d’embauche », constate amèrement Guilhem Gleizes, fondateur-dirigeant de CibleWeb (20 salariés), lors de la rencontre Enseignement supérieur, recherche et développement économique, le 29 novembre à Béziers. Même type de difficulté pour Benoît de Sarrau, directeur technique du site biterrois (10 salariés) du groupe Eléphant Vert : « Une seule fois, j’ai réussi à embaucher quelqu’un à l’issue de son stage. La question de l’intérêt pour le territoire doit être très vite posée au cours de l’entretien d’embauche », regrette-t-il.

Haute-Garonne
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Transports - Logistique

Cityscoot

Pourquoi n’y a-t-il pas de Cityscoot à Toulouse ? « Nous n’allions pas nous mettre en difficulté économique », cingle Bruno Vanryb, co-actionnaire de l’entreprise de location de scooters électriques en libre accès. De passage à Toulouse le 4 décembre pour présenter son ouvrage « Les 10 commandements de l’entrepreneur », lors de la soirée Digital Dinner, organisée par les cluster numériques DigitalPlace et Frenchsouth.digital, l’homme d’affaires est revenu sur cet épisode. « La mairie de Toulouse nous voulait, mais nous avions deux conditions : déployer 500 scooters et utiliser des places de stationnements voitures afin de ne pas encombrer les trottoirs, explique-t-il. Le maire, Jean-Luc Moudenc, a fait un appel d’offres avec seulement 100 scooters sur les trottoirs. Ce n’était pas possible économiquement. Nous ne pouvions pas laisser notre développement dicté par un élu. »

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