Débats

Les derniers billets

Sylvie Lapeyre
Directrice du consulting - Adelyce
Audrey Rabaud
Responsable du pôle recrutement d'Umanove
Jean-Paul Volle
Géographe
Jalil BENABDILLAH
PDG de SD Tech
Stéphane Ozil
Dirigeant de l'agence Ozil Conseil
Jean Cottave
Membre du bureau du Ceser Languedoc-Rousillon
LE BILLET | 10/04/2015
1 billet

La révolution entrepreneuriale est en marche

Bertin Nahum, PDG de la start-up médicale montpelliéraine Medtech.

Nous sommes témoins depuis une dizaine d’années d’une véritable révolution entrepreneuriale. Lean start-up, crowdfunding, business model canvas sont au centre de la nouvelle rhétorique entrepreneuriale qui tend à se diffuser dans toutes les strates de la société. Il est possible de retrouver les germes de cette révolution qui a fini par donner naissance à une société entrepreneuriale, il y a une quarantaine d’année à travers la fameuse injonction de Raymond Barre, « créez votre emploi » !

D’une société jacobine à une société entrepreneuriale

En 40 ans l’accompagnement entrepreneurial est devenu une activité majeure en France. De nombreux acteurs se sont positionnés dans cette industrie ou ce marché caractérisé aujourd’hui par une forte dynamique concurrentielle. Dans ce secteur économique majeur, l’influence jacobine se fait toujours sentir. Les pouvoirs publics consacrent près de 2,7 milliards au soutien à la création d’entreprise. La lutte contre le chômage a toujours incité les pouvoirs publics à redoubler leurs efforts dans ce domaine. Depuis les premières primes de soutien aux créateurs d’entreprise, à la fin des années 70, jusqu’à la création du statut d’auto-entrepreneur, les gouvernements successifs ont mis en place des dispositifs pour rendre, au final, accessible à tous la création d’entreprise. « Tous entrepreneurs ! » devient le leitmotiv des années 2010, en commençant par les plus jeunes.

La jeunesse moteur de la société entrepreneuriale

Si les statistiques de l’Insee laissent penser qu’il vaut mieux attendre la quarantaine pour se lancer dans un projet entrepreneurial, de nombreuses success stories infirment cette vérité. Il est certain qu’un entrepreneur disposant d’un niveau élevé de capital financier, social et culturel a une probabilité plus forte de réussir son aventure entrepreneuriale en termes de pérennité ou de croissance. De nombreux décideurs politiques et économiques n’ont encore en tête que ce modèle et tendent à percevoir avec beaucoup de réserve, voire de dédain, l’élan entrepreneurial issu de la jeunesse. Les Assisses de l’Entrepreneuriat en 2013 ont été l’occasion de donner la parole à de jeunes entrepreneurs et de souligner le potentiel que recèlent les projets portés par des jeunes. Si, aux Etats-Unis, nous avons en tête des exemples exceptionnels comme ceux de Larry Page ou Mark Zuckerberg, en France, nous avons de nombreux exemples de jeunes créateurs qui sont porteurs de nouveaux business models. De Bertin Nahum, en passant par Magali Boisseau, nous avons en région de nombreuses pépites. La création des PEPITES (Pôles étudiants pour l'Innovation, le Transfert et l'Entrepreneuriat) et le développement du statut d’entrepreneur-étudiant doivent permettre de susciter de nouvelles ambitions chez les jeunes. Ces graines d’entrepreneurs savent, à l’image d’un Larry Page, qu’il vaut mieux viser les étoiles pour atteindre la lune. Pour y parvenir, ils ont besoin d’évoluer dans un écosystème favorable qui ne prenne pas la forme d’un millefeuille indigeste.

Vers un nouvel écosystème de l’accompagnement entrepreneurial

Le Livre blanc sur les structures d’accompagnement à la création d’entreprise publié par le Labex Entreprendre en 2014 montrait qu’une industrie de l’accompagnement entrepreneurial s’est développée en France avec une multitude d’acteurs aux finalités parfois contradictoires. Les créateurs peuvent avoir du mal à se retrouver face à cette diversité d’intervenants et de dispositifs. Le principal écueil est sans doute un manque de coordination. Il convient de définir dans chaque territoire une chaine de valeur de l’accompagnement au service des porteurs de projets, en essayant de mutualiser certaines ressources et en renforçant certaines compétences. Les Régions ou les Métropoles ont un rôle majeur à jouer en favorisant les synergies entre les différents acteurs de l’accompagnement entrepreneurial. La professionnalisation des accompagnateurs constitue également un réel défi. Les travaux du Labex Entreprendre montrent que les structures d’accompagnement les plus performantes sont celles qui investissent le plus dans le domaine de la GRH, et plus précisément dans la gestion des compétences. Le métier d’accompagnateur doit évoluer en tenant compte du profil des nouveaux créateurs, mais surtout des nouveaux outils d’accompagnement.

 

Bloc Abonnement

La Lettre M sur votre bureau chaque mardi, la newsletter quotidienne à 18h, toute l'actualité en temps réel sur lalettrem.fr, les magazines thématiques, le « Qui fait quoi », la bible des décideurs d'Occitanie