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| 6/07/2017

Grand chamboulement à la Métropole de Montpellier

Ouverture de séance pour le conseil de Métropole extraordinaire du 5/7.

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Un tiers de l’exécutif de Montpellier Métropole Méditerranée (3M) est renouvelé lors d’un conseil extraordinaire musclé le 5/7. Huit nouveaux vice-présidents sont élus : Jackie Galabrun-Boulbes (maire de Saint-Drézéry), élue 1re vice-présidente ; Gilbert Pastor (maire de Castries) ; Annie Yague (adjointe au maire de Montpellier déléguée aux affaires sociales) ; Jean-Marc Lussert (maire de Prades-le-Lez) ; Mylène Fourcade (adjointe au maire de Fabrègues) ; Thierry Breysse (maire de Cournonterral) ; Valérie Barthas-Orsal (adjointe au maire de Montpellier déléguée aux fêtes de Saint-Roch et à l’animal en ville ; en charge de la propreté à la Métropole) ; et Pierre Dudieuzère (maire de Vendargues). Cette élection, qui s’est tenue à bulletin secret à la demande de l’assemblée, fait suite à la destitution, au cours du même conseil, de 6 vice-présidents jusqu’ici en fonction (sur 20). Ces derniers avaient refusé de rejoindre le nouveau groupe politique « En marche et apparentés », créé à l’initiative du maire de Montpellier et président de 3M, Philippe Saurel et dont Abdi El Kandoussi devrait prendre la présidence. Il s’agit de René Revol (maire de Grabels ; délégation à la Métropole : politique de l’eau et milieux aquatiques) ; Pierre Bonnal (maire du Crès ; délégué aux ressources humaines) ; Catherine Dardé (1re adjointe au maire de Castelnau-le-Lez ; déléguée à la Politique de la Ville) ; Isabelle Touzard (maire de Murviel-lès-Montpellier ; déléguée à l’emploi, aux TPE-PME, à l’artisanat et à l’agriculture) ; Cyril Meunier (maire de Lattes ; délégué à l’environnement) et Michelle Cassar (maire de Pignan ; déléguée à la sécurité). De son côté, Jean-François Audrin (maire de Saint-Georges-d’Orques ; délégué à la biodiversité) a anticipé cette décision en annonçant sa démission le 26/6.

Suite à leur mise au ban, les élus s’en sont pris à Philippe Saurel. « Si Emmanuel Macron n’avait pas été élu, il n’y aurait pas eu de groupe. C’est de la pure opportunité », estime Michelle Cassar (Pignan), qui dénonce un « chantage intolérable ». « Vous faites fi des règles de notre collectivité qui reposent sur l’intercommunalité et non sur la politique. Je me sens trahie, je ne comprends pas les raisons qui m’ont valu d’être exclue de ma délégation, si ce n’est le refus d’adhérer à un parti. » « Vous êtes devenus un autre homme. Cela sonne le glas de l’entente intercommunale », estime pour sa part Catherine Dardé (Castelnau-le-Lez), en larmes. Très émue, Isabelle Touzard (Murviel-lès-Montpellier) a également interpellé le président : « Ai-je failli dans mes fonctions ? Est-ce que je n'ai pas été fidèle à mes engagements ? Je considère que je suis un pion et que Murviel compte pour très peu dans la métropole ». « Ce choix est dangereux et ressemble à un gâchis, estime pour sa part Cyril Meunier (Lattes). Depuis 16 ans, je gère des dossiers techniques compliqués que peu d’entre vous ont envie de gérer, comme la gestion des déchets. J'ai remis en route l'usine Amétyst qui est rentable. Je n’ai failli à aucune de mes missions. »

« À vous écouter parler, j’ai l’impression que vous n’allez plus siéger ici », s’est étonné pour sa part Philippe Saurel. Par ailleurs, le pacte des maires (un maire, une voix) est maintenu : les 31 édiles de la métropole continueront à échanger. « Pour les 3 ans à venir, j’ai besoin de la confiance de mes vice-présidents. Je modifie l’exécutif, et c’est mon droit. Il est important de donner un second souffle à la Métropole », a ajouté Philippe Saurel, en rappelant que les conseillers métropolitains devraient être élus au suffrage universel dès 2020. Un changement qui n’assurera pas un accès direct au conseil de Métropole pour les maires des communes. Philippe Saurel prépare également la prochaine réforme des collectivités territoriales, qui pourrait entériner un transfert des compétences des Départements vers les Métropoles, comme l’avait évoqué le candidat Macron lors de la campagne présidentielle. « Les discussions ont déjà commencé au sein de France Urbaine », l’association présidée par Jean-Luc Moudenc (maire de Toulouse et président de Toulouse Métropole) qui regroupe les élus des métropoles et des grandes communautés urbaines, assure Philippe Saurel.

Le conseil de métropole vote par ailleurs à l’unanimité l’augmentation du nombre d’élus nécessaires à la constitution d’un groupe politique (de 2 à 3). Une décision qui intervient alors qu’Arnaud Moynier, maire de Beaulieu, annonce la création d’une nouvelle formation baptisée « Acte, action et cohésion », et que le groupe Les Républicains, mené Jacques Domergue, demande sa dissolution.

À lire également : Métropole de Montpellier : 7 vice-présidents destitués le 5/7

Mélanie Bulan / bulan@lalettrem.net
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