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| 8/02/2017

Amétyst : la Cour des comptes enfonce le clou

Les présidents de section entourent le président de la Chambre régionale des comptes Occitanie, André Pezziardi, lors d'un point presse le 8/2.

Déjà épinglée par la Cour des comptes en septembre 2011, l’usine de méthanisation de Montpellier, Amétyst, suscite à nouveau l’inquiétude de la juridiction financière. Dans son rapport annuel dévoilé le 8/2, l’institution présidée par Didier Migaud estime qu’ « en dépit des progrès réalisés, près de huit ans après sa mise en service, l’usine Amétyst ne parvient toujours pas à atteindre ses objectifs. Les investissements ont pourtant été significativement accrus pour permettre une meilleure efficacité de cet outil, dont le coût actuel est près de deux fois supérieur au budget prévisionnel initial ».

La Cour des comptes fait un certain nombre de recommandations à Montpellier Méditerranée Métropole (3M), qui avait résilié le contrat du délégataire Suez en mai 2013, le contraignant à lui verser 5 M€ d’indemnités avant de lui confier à nouveau le marché en décembre 2104 (150 M€ sur 10 ans). Pour éviter de nouvelles difficultés, estime l'institution, la métropole doit « améliorer le tri à la source pour mieux valoriser tout type de déchets par une meilleur information des usages » mais aussi « renforcer l’efficacité des collectes sélectrices en développant notamment la collecte séparée des biodéchets ».

La juridiction financière recommande par ailleurs à la métropole de « s’assurer qu’Amétyst s’intègre dans une chaîne de traitement comportant des exécutoires finaux (incinération ou stockage) d’une capacité suffisante pour recevoir les refus ». Lors d’un point presse organisé à l’issue de la présentation du rapport, la présidente de la deuxième section de la Chambre régional des comptes (CRC) Occitanie, Hélène Moruel-Fabre, rappelle de fait que cette absence d’alternative est une des raisons de « l’échec » d’Amétyst. L’usine a été « réalisée dans un contexte contraint, alors qu’environ 250.000 tonnes de déchet étaient exportés hors du département par l’agglomération montpelliérain », rappelle-t-elle. « Le budget prévisionnel fixé à 57 M€ a atteint plus de 90 M€ en février 2013. Et le coût du traitement d’une tonne de déchet est passé à 136 €, alors que le dernier référentiel de l’Ademe le fixe à 112  ».

Enfin, recommande la Cour des comptes, la métropole doit mieux contrôler « l’équilibre économique et financier » d’Amétyst. Pour cela, elle doit exiger de Suez « des rapports d’activité enrichis et présentés selon un canevas prédéfini, afin de faciliter le suivi pluriannuel de son activité ». C’est chose faite selon le président de 3M, Philippe Saurel, qui rappelle que son délégataire produit chaque année, avant le 30 avril, un rapport annuel permettant « une présentation pluriannuelle pertinente des résultats ». Le maire de Montpellier évoque par ailleurs une « vaste campagne de communication et de sensibilisation au tri et à l’éco-citoyenneté « Plus belle la ville » a été lancée à la rentrée 2016 afin de développer les performances de valorisation des déchets et d’améliorer la propreté de l’espace public ». Sans compter « 400 nouvelles colonnes de collecte du verre en apport volontaire, soit une augmentation de 50 % du parc, ont été déployés en 2 ans sur le domaine public », et la réhabilitation du centre de tri Demeter engagé début 2016 pour porter sa capacité à 35.000 tonnes annuelles. 

Mélanie Bulan / bulan@lalettrem.net
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