Route de la mer : une concertation, des questions
Comment concilier, dans le secteur de la route de la mer (Lattes et Pérols)*, préservation d’espaces naturels, déplacements doux, gestion du risque hydraulique, maintien de 200 000 m2 de commerces (dont 50 % seront transférés dans un futur retail park, à Pérols), construction de 6 000 à 8 000 logements, de 75 000 m2 de bureaux et d’activités et de 40 000 m2 d’équipements, et aménagement d’infrastructures de transport majeures – doublement de l’A9 et contournement ferroviaire de Nîmes et Montpellier, avec deux viaducs jumeaux de 600 mètres de long chacun dans le secteur Lez-Lironde ?
C’est la question centrale qui s’est posée, jeudi 16 mai au Corum de Montpellier, lors de la première réunion publique organisée dans le cadre de la concertation (jusqu’au 3 juillet), et à laquelle ont assisté une cinquantaine de personnes.
Cette zone de 250 ha, jusqu’à présent 100 % commerciale est vouée à être urbanisée le long de la 3e ligne de tramway, dans les 20 prochaines années. Lors des ateliers qui ont précédé la réunion publique, les citoyens ont exprimé de nombreuses attentes : animation, restaurations, espaces verts, jeux pour les enfants, hébergements hôteliers pour capter les touristes du littoral, espaces piétons, parcours de santé pour les employés du secteur…
Explosion du e-commerce
Pour Michel Pazoumian, délégué général de la Fédération Procos, association regroupant des enseignes spécialisées), ce projet de reconquête humaine est « très ambitieux, nécessaire mais difficile. Les commerçants ressentent une certaine angoisse. Dans un contexte de crise, on leur demande de revoir leur modèle économique. Ces "boîtes à chaussures" des années 70 se sont en effet développées sur des investissements faibles, un personnel réduit, une architecture sommaire et des rendements très faibles. On (la Saam, bras armé de Montpellier Agglomération, NDLR) va demander à des enseignes comme Alinéa et Darty de déménager dans des structures modernes, dont les coûts seront plus élevés. » Pour lui, le projet arrive « dans le bon tempo », avec l’avènement du e-commerce. « Internet nous oblige à changer nos concepts. On est sur une fin de cycle. Le e-commerce pèse 8 % des achats aujourd’hui, et pèsera 15 % en 2020. » Cyril Meunier, maire de Lattes, prédit une « explosion encore plus rapide de l’e-commerce. Les mentalités et modes de consommation évoluent très vite. Si on ne fait rien, cette zone sera en pleine perdition dans 10 ans, et ses commerçants n’auront plus les moyens d’investir. » L’élu rappelle que la mutation a déjà commencé avec la mise en service, en avril 2012, de la 3e ligne de tramway. « Aujourd’hui, on peut traverser l’avenue Georges Frêche à pied. Avant le passage du tramway, on ne pouvait pas, car il y avait des glissières de sécurité. Les gens ne s’en rappellent pas. Mais c’est un changement majeur. »
* Rebaptisé « Ode Nature Urbaine » par une agence de communication.










