Le préfet pointe l’incertitude économique et les enjeux de l'attractivité régionale

Claude Baland, préfet de l’Hérault et de la région L.-R. depuis trois ans, a relevé l’incertitude de la conjoncture économique comme l’une des données clé de 2012, vendredi 27 janvier à Montpellier lors de ses vœux à la presse.
« Le 1er semestre 2011 fut meilleur que le 1er semestre 2010. Au 31 juillet 2011, les rentrées de TVA étaient supérieures de 7,72 % par rapport au 31 juillet 2010. La croissance s’est ensuite ralentie au 2e semestre 2011. A fin novembre, les rentrées de TVA étaient supérieures de 5,22 % à ce qu’elles étaient au 30 novembre 2010. 2012 est marquée par une grande incertitude. C’est ce qui ressort du comité départemental de financement de l’économie et du comité régional d’aide aux entreprises en attestent. Les carnets de commandes des entreprises sont descendus à trois mois. Il y a un attentisme lié à l’élection présidentielle, qui s’ajoute à la dégradation de la conjoncture économique. »
La région L.-R. compte 157 000 chômeurs (catégorie A) au 31 décembre 2011, soit 8,3 % de progression en un an, a ajouté Claude Baland. L’Hérault compte 66 624 chômeurs (+ 8,6 %). Le taux de chômage régional est de 12,9 % (9,3 % en France). Dans l’Hérault, il atteint 13,6 %. « Le chômage a augmenté en 2011 de 5,6 % en moyenne au niveau national. Il est donc plus élevé chez nous, et augmente plus vite. »
Le préfet a par ailleurs annoncé avoir reçu un mandat de négociation du ministère de la Défense pour la cession des anciens terrains militaires de l’EAI (38 ha, aux portes du centre-ville, dans le quartier Lepic). « La négociation va démarrer. Nous avons rendez-vous avec Hélène Mandroux, maire de Montpellier, le 8 février. » Claude Baland ne se fixe pas de timing : « Le ministère de la Défense veut récupérer de l’argent. On est dans une ville très attractive, pas dans une commune de Lorraine qui ne vivait que de son régiment. » Des résidences étudiantes sont notamment projetées sur ce terrain, qui sera desservi par la 5e ligne de tramway (Lavérune-Clapiers, mise en service en 2017).
Le défi de l'attractivité
Sur sa feuille de route 2012 : la question des déchets. « 200 000 tonnes de déchets héraultais sont traités ailleurs, et pas forcément dans des départements limitrophes, certains vont dans l’Yonne ! C’est une atteinte au principe qui édicte que chaque département doit traiter les déchets qu’il produit. » Et la préservation d’un territoire sous tension. « Le L.-R. est très attractif, avec 30 000 nouveaux arrivants chaque année. C’est la 1ère région la plus attractive en valeur absolue en termes d’attractivité – en valeur relative, c’est la Corse. Cette attractivité a aussi ses contraintes, on l’a vu hier (jeudi, cf. notre newsletter, NDLR) lors de la conférence régionale du logement. »
D’autant plus que la frange littorale est fragile, d’après Claude Baland : « Les effets du réchauffement climatique sont inquiétants, avec une accélération des événements exceptionnels. Les précipitations du mois de novembre ont été impressionnantes. Certes, des progrès nombreux sont enregistrés : Papi, gestion des crises, systèmes d’alerte mis au point par les mairies, aménagement des digues… mais les faits climatiques sont de plus en plus dangereux. Le 7 février, nous dévoilerons nos projets pour atténuer l’érosion marine. Le cordon littoral est très fragile. Il faut accomplir des efforts structurels pour anticiper l’avenir. »
Efficacité de la RGPP
Au chapitre des bonnes nouvelles : « L’efficacité de la révision générale des politiques publiques, qui améliore notre visibilité et génère des économies d’échelle ; Le lancement, en 2013, des chantiers du dédoublement de l’A9 et du contournement ferroviaire de Nîmes et Montpellier ; l’embellie de la viticulture et du tourisme, qui sort de trois saisons exceptionnelles. » Côté sécurité routière, le département de l’Hérault « passe pour la 1ère fois au-dessous de la barre des 100 morts en 2011 (99 décès). C’est bien mieux que le sommet historique atteint en 1992 (218 tués). Si l’on compare le nombre de tués par rapport au nombre de carte de crises, la mortalité sur les routes de l’Hérault a été divisé par deux entre 2001 et 2011. Mais ce début d’année 2012 est dramatique, avec déjà 9 tués, dont 7 en deux roues. Il faut continuer la dissuasion, la prévention et la répression. »










